Interview de Dylan Teague qui à répondu à sept de mes questions. Je souhaite d’ailleurs le remercier pour cela.
Lex: Comment en est-tu venu à faire des bande dessinée? As tu toujours voulu être dessinateur?
Dylan Teague: J’ai toujours aimé dessiner et j’ai toujours été attiré par la BD. Quand j’étais jeune, j’avais tendance à aimer davantage les comics au style plus « cartoon » comme « The Beano » et « The Dandy » et j’ai même réalisé ma propre version, de ces BD avec un de mes amis. En vieillissant, je me suis plus orienté vers des trucs comme ceux de 2000AD. Je crois que je me suis rendu compte que je voulais le faire professionnellement quand j’avais environ 16 ans. À environ 19 ans, j’ai commencé à envoyer quelques essais à des sociétés. J’ai envoyé des trucs à Marvel UK, 2000AD et à des éditeurs un peu plus petits. 2000AD ont été formidables, l’éditeur m’a beaucoup encouragé et m’a dit de continuer à envoyer des essais. Quelques années plus tard, ils ont lancé un nouveau titre, Judge Dredd Lawman of the future sur lequel j’ai eu mon premier boulot. C’était une histoire amusante intitulée «The Fatty Olympics». La bande dessinée été basée sur le film Judge Dredd et destinés à un public plus jeune que celui de 2000AD.
Lex: Tu es maintenant un habitué de l’univers de Judge Dredd. J’ai vu que tu étais crédité sur plusieurs numéro en tant que coloriste mais aussi en tant que dessinateur. Comment as tu travaillé sur ces comics? Quel est ta relation avec ce personnage? Vas tu continuer de bosser dessus? 
Dylan Teague: Quand j’ai commencé à bosser pour 2000AD, j’avais l’habitude de crayonner et encrer mes propres trucs. Après quelques années, j’ai commencé à encrer le travail d’autres artistes. J’ai fait cela en partie parce que je pouvais produire davantage de travail de cette façon. C’était aussi un bon moyen d’apprendre, car j’ai bossé pour un assez grand nombre de personnes différentes. Peu de temps après j’ai commencé à apprendre à coloriser dans Photoshop, puis j’ai fait la coloration de certains Judge Dredd et d’autres titres de 2000AD. J’ai aussi fait de l’encrage et de la coloration pour Marvel UK sur leur Spiderman et docteur Who.
Je viens de finir un boulot pour Judge Dredd le Megazine. Je l’ai dessiné, encré et colorisé moi-même. J’ai vraiment adoré faire ça. Dredd est un de mes personnages préférés à dessiner et j’adore dessiner Mega City 1 aussi. Judge Dredd est le type de personnage que je pense que je dessinerais même si je n’étais pas payé pour ça. Il est toujours présent dans mes carnets de croquis et je lui gribouillais déjà partout dans mes cahiers d’école! Ce qui est fantastique dans le fait de dessiner pour 2000AD, c’est que vous avez BEAUCOUP de liberté. On vous envoie le script et un délai, le reste vous vous débrouilliez. J’aime le fait qu’il y ait beaucoup de variations sur la façon dont Dredd et la ville sont dessinés, car c’est réalisé par des artistes différents.
Lex: Avoir beaucoup de liberté te permets d’être plus créatif mais, est-ce que cela signifie que tu n’as pas ou peu d’intéraction avec les scénaristes?
Dylan Teague: Pas vraiment. J’étais en contact avec le scénariste sur ma dernière BD de 10 pages. Je pense que sur les histoires plus longues le dessinateur travaille plus avec les scénaristes mais, ça dépend, je pense aussi que chacun à sa manière de travailler. La liberté dont j’ai parlé est plus en rapport sur un travail continu.
Lex: Travail tu toujours pour Marvel? J’ai vu que tu avais bosser pour DC Comics également, sur quoi exactement?
Dylan Teague: Je n’ai pas fait grand-chose pour Marvel UK(Panini) depuis un moment mais, j’ai fait pas mal d’encrage et de colorisation pour eux, notamment sur Spiderman.
J’ai travaillé que quelques fois avec DC, j’ai fait une BD Batman sur les origines d’un gros bras du Ventriloque appelé « Rhino’s Tale ». Plus récemment j’ai bossé sur un numéro de Jonah Hex.
Lex: Tiens c’est marrant, j’ai lu un autre interview de toi, réalisé juste après la sortie de Jonah Hex, où tu disais rêver travailler sur des BD style européen. Ce rêve est maintenant réalisé avec Diamond publié chez Delcourt. Peut tu me dire pourquoi tu rêvais de bosser sur ce type de BD?
Dylan Teague: Quand j’avais environ 18 ans j’ai vu une émission sur la bande dessinée appelée « la bande dessinée: le Neuvième Art ». L’épisode que j’ai vu parlé de Manara, Moebius, Bilal, Liberatore et Altuna! Tout ça m’a complètement renversé. J’ai pris l’habitude de regarder le programme jour après jour. En ce temps-là, avant Internet, il était assez difficile de se procurer ce genre de choses, car peu de ces BD ont été traduite. J’ai quand même à commander des Moebius et des livres de Bilal et j’ai adoré. Plus tard, j’ai investi dans BD de François Boucq, Gibrat et beaucoup de bande dessinée italienne Bonelli. J’ai beaucoup aimé le format des albums européens et la quantité de travail que les artistes mettaient dans chaque page. En vieillissant, j’ai également réalisé à quel point le degré de sophistication de la narration et les compositions étaient importantes. Ils ne s’appuient pas sur des plans tape à l’oeil ou sur des pin-up, mais plutôt sur de grands dessins.
Je continue à trouver que les albums européens de ma collection sont les choses les plus inspirantes à regarder, donc ça me fait vraiment plaisir d’en avoir fait un.
Lex: Alors j’imagine que ce fut un grand plaisir de travailler sur « Diamond ». Comment est-tu arrivé sur ce projet?
Dylan Teague: Il y a quelques années, j’ai fait quelques croquis de personnages pour une proposition de roman graphique. Il a été écrit par Luca Blengino et Luca Erbetta. Ils ont présenté le projet à David Chauvel chez Delcourt. C’était une bonne histoire sur la mafia russe, centré sur l’histoire d’un jeune garçon dont on suivait le fil de la vie jusqu’à ce qu’il finisse par devenir un gangster. En fin de compte cela n’a pas été pris par Delcourt, mais environ un an plus tard, David a pris contact avec moi, par l’intermédiaire de mon blog, je crois. Il m’a demandé si j’étais intéressé pour bosser avec lui sur une BD. Il m’a donné quelques détails, sur le fait qu’elle devait faire partie d’une série, que Christophe Bec avait écrit, j’ai dit oui tout de suite! Le scénario que j’ai eu était très bon, avec une histoire décomposée en scènes brillantes et très cinématographique.
Il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter au style de travail de Christophe et David. Comme je le disais avec 2000AD et d’autres sociétés j’ai été habitués à avoir le script et livrer les dessins sans avoir à soumettre mes essais à une approbation. Sur « Diamond » chaque page devait être approuvé à tous les stades. Je m’y suis habitué très vite et j’ai trouvé ça très intéressant, car Christophe et David me donnaient leurs impressions sur chaque page. Ils me disaient ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas avec des suggestions comme, peut-être que cette case pourrait être plus grande, ou pouvons-nous reculer un peu ici pour voir plus l’arrière-plan. Ça m’a vraiment aidé à me donner une idée de ce que la bande dessinée française est. Je pense qu’une des différences, est que les BD anglaise et américaines sont plus « Tape à l’oeil » avec beaucoup d’impact et de plans serrés cela peut faire des choses super excitantes qui colle parfaitement au genre Supers Héros. Les BD françaises semblent être davantage destinée à créer un état d’esprit, en immergeant le lecteur dans un environnement. Cela se fait avec de larges establishing shots pour donner une bonne vision de l’environnement au lecteur. Le format, plus long, se prête vraiment à cela et vous pouvez vraiment prendre le temps de mettre en place les personnages et le récit.
Je ne savais pas que vous dessiniez vos propres bulles non plus! Là encore, ça m’a pris un peu de temps pour m’habituer mais, au final j’ai beaucoup aimé. On pouvait vraiment les utiliser dans le cadre de la conception de la page, cela permettait de raconter l’histoire mais, aussi à guider l’œil du lecteur. En outre, cela voulait dire que vous ne perdiez pas de temps à dessiner ce qui était derrière.

Lex: C’est quoi tes prochains projets? Vas-tu retravailler sur des BD européenne?
Dylan Teague: Oui, je vais en commencer une nouvelle. Je ne sais pas trop si je peux t’en dire plus que le fait que je vais à nouveau travailler avec David Chauvel et que je suis super impatient.




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